
| Au pied du mur Nous avons couru à perdre haleine vers l'horizon immaculé, nous avons traversé les plaines, souillé leur virginité Nous avons bu sans soif haï le mot savourer, nous avons brûlé les étapes sans jamais nous retourner Devant la profusion, l'abondance, l'immensité, jamais ne s'est posée la question de quand cela allait s'arrêter Nous avons piétiné les herbes verdoyantes cueilli par milliers de jeunes pousses fleurissantes Nous nous sommes gorgés de fruits à peine mûrs sans être encore rassasiés mais là survint le pied du mur Sans l'avoir vue se profiler, nous avions déjà atteint l'impasse que constituait le bout de notre chemin Coupés en pleine boulimie il a fallu ouvrir les yeux constater les dégâts commis comme deux gamins honteux Et nous voilà écœurés devant l'irréparable nauséeux, désœuvrés et seuls responsables Nous avons tout perdu ou presque, nous avons tout gâché, aujourd'hui il ne nous reste que nos yeux pour pleurer, que nos yeux pour pleurer |